Peinture, littérature, poésie, théâtre, autant de sphères qui interfèrent dans le réel tout en permettant de le mettre en situation ou de le réinventer. Les couleurs, les formes, les mots sont des outils privilégiés pour traduire l’émotion de la vie. La perception de ce qui nous entoure passe par nos sens. L’art et l’écriture laissent échapper la singularité qui est en nous, exprimant ainsi notre réactivité face aux événements et à ce qui résulte de notre observation. Outre l’affirmation de soi, ces formes d’expression visent l’échange et la communication dans un monde où la pensée unique risquerait d’annihiler la richesse des individus et des cultures. Peindre, écrire, créer d’une façon ou d’une autre, c’est témoigner de l’élan vital qui est en l’Homme et gagner sa part de liberté.
Je souhaiterais, à propos de la poésie, dépoussiérer l’image désuète que l’on peut s’en faire. Ce n’est plus un exercice de style qui consiste à aligner des mots et à les entendre chanter, ou encore à empiler des strophes. Ce n’est pas non plus un terrain vague parsemé d’états d’âme ou une litanie descriptive. Il n’est pas question de renier les fondements de la poésie depuis l’Antiquité, longtemps encombrée de règles qui en firent à la fois son charme et sa difficulté. Mais les temps ont évolué, les poètes aussi. À son époque, Mallarmé avait déjà introduit la notion de crise de vers, bousculant la prosodie traditionnelle. La poésie contemporaine née dans la mouvance du mouvement surréaliste – ce n’est plus tout récent– nous amène à explorer de nouvelles voies, proches de l’image spontanée qui combine des éléments simultanés. C’est un vaste champ relié à l’intériorité du poète et qui dans la forme, peut se comparer au montage des séquences d’un film. Sans cette approche de la poésie contemporaine, le lecteur perd souvent ses repères alors qu’au fond de lui, il est capable sur le plan émotionnel de dépasser le sens des mots. Découvrons ou redécouvrons un genre littéraire bien en phase avec la nature créatrice du genre humain, intemporelle en somme…